Des pratiques à dénoncer et à combattre
Les discriminations au travail
La loi et l’action syndicale peuvent contribuer à faire respecter l’égalité entre tous les salariés.
Les personnes protégées
Tout salarié, de même que tout candidat à un emploi, à un stage ou à une période de formation en entreprise, est protégé contre les discriminations au travail. Les salariés témoins ou ayant relaté des agissements discriminatoires ne peuvent pas non plus être sanctionnés, licenciés ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire.
Une loi de novembre 2001 a renforcé le dispositif de lutte contre les discriminations, tant pour les salariés du privé que pour les agents des trois fonctions publiques.
La protection contre les discriminations est désormais élargie à l’ensemble de la carrière professionnelle, c’est-à-dire non seulement à l’accès à un emploi ou à un stage, mais encore à la rémunération, la formation, la qualification ou la classification, aux promotions, mutations, renouvellement de contrats ou licenciements.
Les motifs de discrimination interdits
Il est interdit de remettre en cause le principe d’égalité de traitement dans le domaine de l’emploi en invoquant des motifs fondés sur : l’origine, le sexe, les mœurs, la situation de famille, l’appartenance ou la non-appartenance, réelle ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, les opinions politiques, les activités syndicales ou mutualistes, les convictions religieuses, l’état de santé ou le handicap, l’âge, l’apparence physique et l’orientation sexuelle.
À ces motifs s’ajoute le harcèlement sexuel. La loi du 17 novembre 2002 (modernisation sociale) condamne en effet les mesures de discrimination, qu’elles soient directes ou indirectes, prises à l’encontre de personnes victimes ou témoins de harcèlement sexuel, que celui-ci émane d’un supérieur hiérarchique ou d’un collègue.
Les différences de traitement admises
L’âge. Certaines différences de traitement justifiées par un objectif légitime lié à l’âge de la personne (politique de l’emploi, aide à l’insertion professionnelle…) sont admises.
L’état de santé ou le handicap. Les différences de traitement fondées sur l’inaptitude, constatées par un médecin du travail, ne constituent pas une discrimination lorsqu’elles sont objectives, nécessaires et appropriées.
Le sexe. En matière d’embauche, lorsque l’appartenance à l’un ou l’autre sexe détermine l’exercice d’un emploi ou d’une activité professionnelle, l’offre peut être expressément réservée à une femme ou à un homme.
Les sanctions applicables
Sanctions pénales. Sont punies d’une peine de trois ans d’emprisonnement et/ou de 45000 € d’amende, les discriminations intervenant en matière d’embauche, d’une demande de stage ou d’une période de formation en entreprise ou lors d’une sanction ou d’un licenciement.
Sanctions civiles. Les personnes victimes ou témoins de discrimination bénéficient d’une garantie particulière à l’occasion de l’embauche et tout au long de l’exécution du contrat de travail, ainsi que de sa rupture. En application de ces garanties, le juge:
• prononce la nullité de plein droit de toute sanction et de tout licenciement ;
• octroie des dommages et intérêts en fonction du préjudice subi.
Les voies de recours
En tout premier lieu, ne pas hésiter à prendre contact directement avec les institutions représentatives délégués du personnel, délégués syndicaux), acteurs clés de la vie de l’entreprise.